1. La petite Sophie


    Datte: 21/06/2024, Catégories: fh, extracon, amour, rencontre, extraconj, Auteur: Arpenteur, Source: Revebebe

    ... soir que les deux filles discutent dans la cuisine, alors que je suis tranquillement assis dans le salon, en train de regarder un match de foot sur Canal, j’entends soudain des sanglots. Je me lève, je vais m’enquérir de ce qui se passe, Sophie est en larmes, elle est blottie contre la poitrine de ma femme qui a bien du mal à la consoler.
    
    — Laisse-nous, ordonne celle-ci fermement. Laisse-nous, ce sont des histoires de filles !
    
    Je fais comme bon lui semble. Plutôt inquiet, je me mets à écouter discrètement, l’oreille plaquée contre la porte, mais je n’entends pas grand-chose. J’ai peur que Sophie ne dévoile quelque chose, auquel cas j’imagine déjà mon épouse en train de me faire des reproches. Je vois poindre la dispute.
    
    Pourquoi ne lui ai-je pas parlé de cette anecdote ? Bien sûr parce que je ne suis pas clair, mais peut-être aussi parce qu’au fond j’ai été flatté que Sophie tombe amoureuse de moi, peut-être même pour d’autres raisons encore beaucoup plus obscures.
    
    J’essaie de repenser à ces évènements. Soso au courant de ma liaison, comment peut-elle être au courant ? Et puis cet aveu à la fin, son amour pour moi. En y réfléchissant, c’est presque du chantage : puisque tu trompes Mathilde avec d’autres, tu peux bien la tromper avec moi. Pas joli-joli tout ça, ma petite dame. Pourtant, bizarrement, je ne lui en veux pas, j’éprouve même une réelle admiration envers cette fille, pour sa détermination et son courage, cela n’a pas dû être si évident pour elle. ...
    ... Pourvu qu’elle ne craque pas !
    
    Depuis le jour de sa déclaration d’amour, on ne se parle pratiquement plus mais cela ne m’empêche pas de l’apprécier et de l’aimer… De l’aimer ? Pourquoi je dis ça ?
    
    Nos rapports sont en fait devenus très ambigus, un peu comme un jeu du chat et de la souris. À chaque fois qu’elle rentre dans une pièce, je m’éclipse dans une autre, et réciproquement. Quand j’ose un regard vers elle, elle détourne les yeux, et si elle ose un regard vers moi, je fais mine de ne pas la voir. C’est comme une lente torture délicieuse et cruelle. À aucun moment, je n’ai répondu à sa demande et pourtant j’y reviens sans cesse, insidieusement comme si je n’avais désormais plus envie qu’elle m’échappe. Ce soir, elle a craqué et je m’en veux pour ça, j’en suis largement responsable, j’aurais dû aller la voir chez elle pour crever l’abcès. Mais sa fragilité est aussi sa force, au moins, elle sait ce qu’elle veut, alors que moi pas du tout mais je n’ai aucune envie de lui dire « Non ».
    
    Les deux femmes chuchotent plutôt qu’elles parlent. Au diable le match de foot, je coupe le son car j’ai envie de savoir. Je comprends que Sophie parle d’un homme qu’elle aime, alors une part de jalousie s’empare de moi. Et si ce n’était pas moi, si elle avait quelqu’un d’autre. Je fulmine, il faut être vraiment couillon pour laisser passer une telle occasion. J’aurais dû me décider plus tôt, aller la voir chez elle. Oui, je l’avoue, cette relation me tente, même avec la petite Sophie qui ...
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