1. Enluminures


    Datte: 01/06/2024, Catégories: fh, inconnu, telnet, amour, caresses, intermast, nopéné, jeu, jeux, Auteur: Olaf, Source: Revebebe

    ... (symboliquement la mienne). Charge à moi de compléter ensuite notre œuvre dans les marges par ces dessins impertinents et mystérieux qui caractérisent les textes du Moyen-âge.
    
    Ce qu’elle attend de son donneur de sperme ? Qu’il joue avec elle tout au long de la création. Qu’il s’inspire de ce qu’elle fait pour inventer des réponses troublantes, amusantes, inattendues. Elle veut un jeu de séduction sur parchemin.
    
    Tout en précisant qu’une calligraphie réussie peut l’exciter tout autant que de longs préliminaires. Un jambage discrètement glissé par l’enlumineur sous un arrondi ou une lettre tournée en forme de réceptacle peut la faire autant frissonner qu’une caresse intime. Dans ce domaine, les moines copistes ne manquaient apparemment pas de fantasmes ni d’imagination pour les traduire en langage symbolique. Les nombreux escargots, oiseaux à long bec, lapins fouisseurs de terriers, archers lubriques ou chiens lécheurs de fions en témoignent(1),(2).
    
    Inversement, rien ne stimule plus sa créativité calligraphique que des préliminaires sensuels. Le jeu de mains de Demi Moore et Patrick Swayze sur le tour de poterie dans Ghost(3) correspond assez bien à ce qu’elle peut ressentir en réalisant certaines enluminures, la peau encore chaude des caresses d’un amant pas trop intrusif.
    
    — Bon, à toi de jouer. Fais-moi un texte inspirant, que j’aie plaisir à enluminer. En attendant, je me glisse sous les plumes. Viens me réveiller quand tu seras prêt. C’est le premier test ...
    ... !
    — Le réveil en fait partie ?
    — Grave.
    
    Amusé par le défi, je me mets au travail. Mon inspiration baisse après la deuxième strophe. Un reste de rhum au fond d’une bouteille me remet en selle et vers deux heures du matin, je suis capable de proposer un texte à peu près satisfaisant.
    
    Il est temps de réveiller Florence. Je réalise alors qu’elle est nue sous la couverture. C’est troublant, et je ne sais pas trop comment faire pour la tirer du sommeil sans dépasser les limites sensuelles dont elle a parlé.
    
    J’effleure son visage et écarte les mèches blondes qui le cachent en partie.
    
    — Florence !
    — Mmmmhhh ?
    — Florence, j’ai fini le texte.
    — Mmmmhhh ? Nuque…
    — Tu as mal, tu veux un massage ?
    — Baiser, doux…
    
    Dont acte, longuement, délicatement. Les odeurs de sa peau et de ses cheveux provoquent une intense réaction quelque part entre mon cœur et mon bas-ventre. Comme un afflux de sang.
    
    — Mmmmhhh, mes seins…
    — Je, vraiment ?
    — Les deux, doucement.
    
    Dont acte, longuement, voluptueusement. Elle se tourne au fur et à mesure de ma progression sur sa poitrine, pour me permettre d’accéder à toute sa moelleuse anatomie. Elle profite de mes caresses en soupirant doucement, les yeux fermés.
    
    — Tes lèvres, maintenant.
    — Sur tes seins ?
    — Où tu veux, mais finis sur ma bouche, murmure-t-elle mollement, comme encore endormie, un bras autour de mon cou pour m’attirer tout contre elle.
    
    Par petites touches des doigts et des lèvres, nous nous offrons de sublimes ...
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