1. Sauver notre couple


    Datte: 13/05/2024, Catégories: fhh, hagé, asie, candaul, hotel, amour, cérébral, photofilm, journal, couple, Auteur: morisse.pol75, Source: Revebebe

    ... vérité qui amènerait des prises de position sans retour possible. Je suis dans un déni total de sa trahison éventuelle.
    
    Une fois à la maison, elle me propose de me reposer pendant qu’elle nous prépare une boisson. Et c’est quand elle revient de la cuisine que le couperet tombe.
    
    — Il faut qu’on parle, dit-elle d’une voix froide.
    
    Je dissimule comme je peux mon angoisse. Je me doute bien sûr que l’autre salopard a dû lui faire part de mon appel de ce matin et de mes soupçons.
    
    — On peut peut-être boire un coup avant, non ? Je meurs de soif.
    — On peut parler et boire, dit-elle d’un ton qui montre qu’elle est subitement tendue. J’ai des choses à te dire ou plutôt à confesser.
    
    Je tente une pirouette.
    
    — Les confessions se font à l’église, non ?
    
    Elle sourit à ma blague plutôt nulle.
    
    — Écoute, c’est impor…
    
    Je l’interromps :
    
    — S’il te plaît, mon cœur, je viens de rentrer après une semaine éprouvante à bien des titres. Tu m’as manqué énormément et j’ai surtout envie de profiter de toi. On parlera de tout ça plus tard.
    
    Elle reste interdite, le regard braqué sur moi.
    
    En disant cela, je tends la main pour l’attirer à moi. Je la vois hésiter. Son sourire est figé. Je comprends qu’elle cogite, cherchant quelle attitude prendre. Je ne la laisse pas se reprendre.
    
    — L’important c’est de s’aimer et souhaiter continuer notre vie pour rendre chacun heureux. Je t’aime, je ne le dirais jamais assez.
    — Moi aussi je t’aime, me dit-elle, avec un sourire ...
    ... empreint de tendresse, mais…
    — Laisse tomber les « mais ». Vivons le temps présent.
    
    Je la fixe droit dans les yeux, un regard qui signifie que je ne suis pas enclin à oublier ni à pardonner. Oublier quoi ? Mes élucubrations ? Mon imagination, ses silences, ses aveux ? Rien n’a été dit de façon incontestable, tout est fondé sur des non-dits.
    
    L’important est ce qui reste, non ? Je l’aime et j’ai envie de me laisser aller à croire qu’elle aussi m’aime.
    
    Avec une expression incrédule et heureuse, elle se laisse venir à moi et nous échangeons un baiser.
    
    Elle sanglote doucement, ses yeux sont pleins de larmes. J’y vois comme un remerciement. Elle aussi accepte ces silences qui protègent notre couple. Pour l’instant.
    
    — Tu es un mari formidable, dit-elle tout simplement.
    
    Notre étreinte aboutit dans notre chambre. Nos habits s’éparpillent et, nus dans les draps, on fait l’amour comme deux adolescents.
    
    Je n’ai plus aucun ressentiment à son égard. J’ai choisi, j’assume.
    
    Mon érection est la preuve que le pardon amoureux si sensible est notre complice, sinon je ne pourrais pas lui faire l’amour.
    
    Et c’est pour ne pas nous abandonner à connaître et reconnaître la vérité que nous pouvons repartir dans une vie nouvelle. Ou du moins, je le pense en cet instant.
    
    Épilogue
    
    Une année est passée, notre couple s’est agrandi d’un élément. Un petit garçon.
    
    Mes pulsions candaulistes sont restées enfouies dans ma libido.
    
    Un vendredi midi, le téléphone sonne.
    
    — Bonjour ...
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