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0309 Quand on se noie, on ne refuse pas une main tendue 1/2
Datte: 02/05/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... d’être seul, et aussi de faire du vélo. » Nous poursuivons notre conversation autour d’un verre dans un bar près de la bibliothèque. Ruben me raconte plus en détail son séjour à Rome. Il me parle de son émerveillement au fur et à mesure qu’il découvrait cette ville qu’il décrit comme « un musée à ciel ouvert, où la civilisation actuelle s’est bâtie sur les fondations de la civilisation disparue, au sens propre comme au sens figuré, composant au fil des siècles un millefeuille architectural, archéologique, culturel et social ». Il me parle de son émotion devant les vestiges vieux de deux mille ans, construits par un génie civil et militaire disparu à tout jamais, ainsi que par le travail acharné et usant de milliers d’hommes dont même les poussières ont disparu. « Mais ce qui m’a le plus bouleversé à Rome, c’est la vie Appia, il me raconte, intarissable. Jamais comme ici, dans ce décor silencieux et qui a l’air inchangé depuis des siècles, j’ai ressenti le vertige du temps écoulé. En foulant les grands pavés de cette ancienne voie bordée de pins, de cyprès et de tombes anciennes, j’ai vraiment senti que deux mille ans de civilisation me contemplaient. En vrai, ça c’est pour le plaisir de la citation, il fait, avec humour. En fait, c’était plutôt moi qui les contemplais ! »Ruben me parle également de sa fascination durant sa visite à Pompéi, « véritable documentaire grandeur nature sur la vie dans une station balnéaire huppée à l’époque de la Rome ancienne ». Son ...
... récit est passionné et passionnant et me donne très envie de visiter ces lieux. « Et tu es parti seul ? » je le questionne. Ruben marque un instant d’hésitation, avant de lâcher :« Non, avec un… pote. » Je suis impressionné par son récit. Ainsi, lorsqu’il me demande de lui parler de mon été, je me sens nul de n’avoir à lui raconter que ma semaine à Gruissan et mes séjours à Toulouse chez mes parents. « T’as dû t’éclater à la mer, non ? — Ouais…— T’as pécho des nanas, hein ? il m’interroge, taquin. — Non, pas vraiment…— Des mecs alors… il y va cash. »Je suis surpris, et je marque un instant de silence tout en réfléchissant comment répondre à ça. Une partie de moi a envie de jouer cartes sur table, mais je ne connais ce petit gars que depuis environ 5 minutes et je ne me sens pas à l’aise pour lui dérouler le film de ma vie, pas encore. « Excuse-moi, je parle trop parfois », fait Ruben, l’air de regretter son audace. Il a l’air confus, mal à l’aise. A cet instant précis, je n’ai qu’une envie, c’est de le prendre dans mes bras, et de lui faire plein de bisous. Et d’être sincère avec lui. « Ne t’excuse pas, tu as vu juste. Les nanas ce n’est pas mon truc, ça ne l’a jamais été. Oui, cet été j’ai eu quelques aventures avec des garçons. Pas beaucoup, mais ça m’est arrivé. Et toi ? — Moi je suis trop couillon pour ça. Je n’ose pas ! »Il est trop mignon. « Mais tu n’avais pas une copine ? je l’interroge. Comment s’appelait déjà cette nana qui était avec toi ...