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0328 Une nouvelle saison, une nouvelle année et un départ inattendu.
Datte: 10/04/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... journaux ont titré au sujet de Jérém et de toi après la dernière rencontre entre les deux Stades… — Ouais, ils aiment bien se gargariser de mots à la con ! Le jeune papa se languit du petit Lucas qui est avec sa maman pendant deux semaines. — Je n’arrive pas à croire qu’il a déjà presque deux ans et demi ! — Il te rend heureux, ce gosse, je considère. — Très heureux. Mais entre les entraînements, les matches du week-end et les pompiers, je ne le vois pas autant que je voudrais. Je n’arrive même pas à le prendre chaque jour de ma garde. Heureusement que Nathalie est arrangeante et que ses parents nous aident. On m’a proposé d’intégrer le XV de France, mais je crois que je vais dire non. J’aimerais bien, mais je ne peux pas être partout. — Sérieux ? Tu vas dire non ? Il y en a qui ne rêvent que de ça. — Tu sais, pour moi le rugby c’est avant tout une façon pour m’amuser et avoir des potes. La gloire, la carrière, la lumière, très peu pour moi. Quand ça devient trop sérieux, quand les enjeux sont trop grands, quand il y a trop de stress, quand il faut gagner à tout prix, je ne m’amuse plus. Déjà en championnat c’est dur. J’imagine en équipe nationale ! Et puis, si j’accepte, je vais devoir renoncer à mon engagement auprès des pompiers, ou bien voir Lucas encore moins. Et ça, c’est hors de question. On ne vit qu’une fois, et il ne faut jamais perdre de vue ses véritables priorités. — Je comprends, et j’admire ta détermination. — Je fais ce que je ...
... ressens là-dedans… fait le beau pompier en portant sa main sur le cœur. — Là-dedans, il y a un grand cœur, je considère, et cela te rend un bon gars. Je t’admire beaucoup, Thibault. — Arrête, tu vas me faire chialer ! — Et ton médecin ? je change de sujet pour évacuer l’émotion avant qu’elle ne se transforme en larmes. — Lui aussi me rend heureux. Nous arrivons à nous voir un peu plus souvent. J’ai l’impression qu’il tient vraiment à moi. — Comment pourrait-il en être autrement ? Tu es un garçon tellement attachant ! — Merci, Nico, tu l’es aussi. Malheureusement, Julien n’étant pas en ville en ce moment, je n’ai pas le plaisir de le retrouver. Pour lui aussi, comme pour Elodie, ce n’est que partie remise. Août 2004. Août arrive, et le championnat de rugby reprend aussitôt. Lors de la 1ère journée du Top 16, le Stade Français remporte haut la main le match contre Bayonne. Août se termine, septembre arrive. Et avec lui, les prémices de l’automne. Des journées qui raccourcissent, des soirées qui se rafraîchissent. Et des souvenirs qui remontent. Comme celui de nos retrouvailles à Campan. C’était il y a deux ans, sous la grande halle en pierre, sous une pluie battante. Il y a deux ans, Jérém m’embrassait pour la toute première fois. Je me souviens toujours de la tête de la dame qui avait traversé la halle pendant nos effusions, je me souviens de son regard accusateur, et je me souviens de la réaction de Jérém. « Qu’est-ce qu’il y a, t’as jamais embrassé ...