1. 0328 Une nouvelle saison, une nouvelle année et un départ inattendu.


    Datte: 10/04/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... tente de le rassurer.
    
    — Tu me kiffais au collège ? il me lance à brûle pourpoint.
    
    — Ah, ça oui, je te kiffais au lycée !
    
    — Tu avais envie de…
    
    — Si au lieu de me harceler tu m’avais demandé une pipe, tu en aurais eu autant que tu voulais, si c’est ce que tu veux savoir !
    
    — Je ne suis pas comme ça !
    
    — Mais je te crois. Je dis juste ce qu’il en était, puisque tu me poses la question !
    
    Sylvain demeure pensif, noyé dans les vapeurs de l’alcool. Il est très sexy, avec son regard toujours aussi sévère et ténébreux, mais aussi vulnérable. A cet instant précis, il me semble qu’il n’est vraiment pas bien dans sa peau, j’ai comme l’impression qu’il se retient de me balancer une réalité plus profonde, mais qu’il n’y arrive pas. J’ai l’impression qu’il est sur le point de craquer, et de pleurer.
    
    Son attitude et ses questions m’intriguent, j’ai envie d’essayer d’en savoir plus.
    
    — En tout cas, tu es toujours aussi sexy…
    
    — J’ai grossi !
    
    — Mais ça te va bien.
    
    — Si tu le dis…
    
    — Arrête, tu es un très beau gars, les nanas ça doit y aller ! Tu es maqué ?
    
    — Non.
    
    — Tu as des aventures, alors…
    
    — Pas tant que ça…
    
    — Tu cherches pas à en avoir ?
    
    — Tu sais quoi, laisse tomber, il me balance, l’air agacé.
    
    — Mais je ne fais que discuter… désolé si j’ai pu être indiscret, je tente de rattraper le coup.
    
    — Va te faire baiser par ton pédé de mec et fiche-moi la paix !
    
    — T’es toujours le même petit con qu’à 13 ans ! je me braque.
    
    — Ta gueule ...
    ... !
    
    Ce seront les derniers mots que nous échangerons de la soirée.
    
    Mis à part ce petit accroc, ce dîner se révèle être une bonne soirée. C’est l’occasion de redécouvrir certaines personnalités, mais aussi de constater que le temps passe et ne s’arrête jamais.
    
    Après la soirée, Jérém et moi dormons chez mes parents, qui sont fort heureux de nous avoir avec eux. Après l’amour, Jérém me glisse :
    
    — Je t’ai vu discuter avec Sylvain…
    
    — Il m’a demandé si j’étais pédé.
    
    — Et tu lui as dit quoi ?
    
    — Que c’était le cas.
    
    — Tu ne lui as rien dit de plus, hein ?
    
    — Non, t’inquiète.
    
    — Merci.
    
    — De rien. Tu sais, je ne l’ai pas trouvé très en forme.
    
    — Bah, moi non plus. ai-je n’ai pas retrouvé le gars que je connaissais au lycée.
    
    — Pareil pour moi. J’ai même eu l’impression qu’il voulait me dire quelque chose mais que ça ne sortait pas. Comme s’il avait du mal à assumer…
    
    — Comme quoi ?
    
    — Tu crois pas qu’il pourrait être comme nous ?
    
    — Je ne sais pas… enfin… à vrai dire, j’ai toujours trouvé que dans les vestiaires il regardait beaucoup…
    
    — C’est vrai ?
    
    — On regarde tous dans les vestiaires, plus au moins. Mais parfois il m’a semblé qu’il regardait comme quelqu’un qui a envie…
    
    — Il a l’air très malheureux. J’espère qu’il va trouver le moyen de remonter la pente.
    
    Au cours du printemps, les matches s’enchaînent.
    
    Le 30 avril, au Parc de Princes, c’est l’heure de l’un des plus gros matches de la saison, le Stade Français contre Stade Toulousain ...
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