1. Les fantasmes de Lucie (15)


    Datte: 07/04/2024, Catégories: En solitaire, Auteur: Exorium, Source: Hds

    ... serai retenue. Évidemment ! Et les autres aussi. Toutes celles qu’il pourra. Pour se constituer une jolie petite collection. Pauvre type, va !
    
    Trois jours après, j’avais la réponse. Positive, bien sûr. Donc… Eh bien donc, il m’attendait pour une première séance de photos.
    
    Il m’attend encore.
    
    J’y vais pourtant. En imagination. Le soir, dans mon lit.
    
    Il me reçoit dans un atelier immense aux larges baies vitrées qui donnent sur les toits de Paris. Il y a des toiles un peu partout. Des vierges. Des ébauchées. Des terminées.
    
    Comme quoi, ma petite Lucie, faut pas juger avant de savoir.
    
    Il me sourit.
    
    – Décidée ?
    
    – Oh, oui, oui !
    
    – Eh bien alors, je vais vous demander de bien vouloir vous déshabiller.
    
    Il me regarde faire. Avec un intérêt manifeste. Mais cela ne me dérange pas, ne me dérange plus maintenant que je sais qu’il est véritablement artiste peintre. J’y prends même un certain plaisir. Et je fais durer. Je replie soigneusement mes vêtements, un à un. Je les dépose sur une petite table, près d’un chevalet. Quand il ne me reste plus que ma culotte, je fais mine d’hésiter. Il me fait signe que oui, ben oui, elle aussi…Elle aussi. Et je reste là, bras ballants. Sans trop savoir quoi faire de moi-même.
    
    Il ne dit rien. Il ne fait rien. Il me regarde. Et sourit encore.
    
    – Je ne regrette pas mon choix. Vous avez un corps magnifique.
    
    Je rougis.
    
    – Merci.
    
    – Bon, mais allez, au travail !
    
    Il me fait prendre la pose, vient modifier la ...
    ... position de mon bras, celle de ma tête, prend du recul, fronce les sourcils, revient, recommence. Me déplace une jambe, la cuisse.
    
    – Là ! Ne bougez plus !
    
    Et il me photographie. Il me mitraille. Dix bonnes minutes durant.
    
    – C’est bon ! J’ai ce qu’il me faut.
    
    – C’est tout ?
    
    – Ben oui, c’est tout, oui. Je vous recontacterai si nécessaire. Et, bien entendu, dès que j’aurai mis la dernière main au tableau.
    
    Il se passe du temps. Beaucoup de temps. Des semaines. Des mois. Jusqu’à ce qu’enfin, un beau matin, le téléphone sonne.
    
    – Vous pouvez faire un saut à l’atelier ?
    
    Si je peux ? Et comment que je peux !
    
    – J’arrive.
    
    J’y cours. J’y vole.
    
    Il a l’air un peu embarrassé.
    
    – Si je vous ai demandé de venir, c’est que j’ai un petit souci. J’ai été amené à modifier sensiblement la façon dont je conçois mon projet. À lui donner une autre orientation.
    
    Une autre orientation ? Mon sang ne fait qu’un tour. C’est-à-dire ? Il ne va pas me remplacer au moins ?
    
    – Oui. De la façon dont je perçois maintenant les choses, le personnage qui représente le signe des Poissons, se sera vu administrer quelque temps auparavant une cuisante fessée.
    
    – Une fessée !
    
    Mon cœur ne fait qu’un bond dans ma poitrine. Une fessée ! Quel bonheur ! Une fessée !
    
    Il se méprend sur le sens de mon cri.
    
    – Mais si cela vous pose le moindre problème…– Oui, enfin non. Si. Oui. Non. Je sais pas. Il faudrait que quoi ?
    
    – Que, dans un souci de réalisme, vous consentiez…– Ah…J’en crève ...