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L'art de décaler les sons
Datte: 06/04/2024, Catégories: fh, inconnu, vacances, campagne, hotel, amour, pénétratio, fsodo, exercice, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
La pluie tombait à seaux à Sceaux, comme chantait le chanteur Chelon. J’avais cumulé mes ReuTeuTeux pour m’offrir quelques jours sur la côte bretonne. Évidemment, c’est ce jour-là que le temps devint épouvantable, pourtantj’avais le choix dans la date. Pour rentabiliser mon trajet, j’avais déposé une offre sur le site « Cacablar ». Elle m’attendait comme prévu sur le vieux pont, frêle silhouette sous les gouttes. Je m’arrêtai : — Montez vite, vous risquez deprendre un coup sur le pont, il est si étroit.Le pont neuf fait soixante pieds de large, mais pas celui-là. — Ouf, merci, quel temps ! Vous allez où précisément ? — Je vais en Bretagne, à Port Blanc. Oui, hein,quel temps de cochon ! — Ça tombe bien,j’habite Laval. Je m’appelle Aline. — Moi c’est Patrick. Parfait, je passe juste à côté. Et vous faites quoi comme métier ? —Salut Patrick. Je suis prof de maths. — Ah,quel beau métier professeur ! Et vous exercez où ? — AuLycée Ampère. La pluie redoublait, on n’y voyait goutte, c’était le cas de le dire. Elle était trempée et grelottait un peu, je la sentais crispée. Pour la détendre, j’allumai la radio. Le son hoqueta, l’autoradio grésilla, je crus àune panne de micro. Mais c’était l’orage qui nousbrouillait l’écoute. Avec la tombée de la nuit, il devint de plus en plus difficile de rouler. Je ne voyais plus la route, parfois complètement recouverte d’eau. Au point que soudain la voiture fit une embardée et roula surla berge d’un verger. Ma passagère eut très ...
... peur et me suggéra de nous arrêter rapidement et d’attendre que ça passe. J’aperçus au travers des cataractes une grande enseigne lumineuse : «Auberge du bon coucher ». — Voilà ce qu’il nous faut, dis-je, nous allons nous restaurer et passer la nuit ici. Sur le parking, nous vîmes sortir le cuisinier quisecouait les nouilles. Puisil coupa les nouilles au sécateur. Étrange, il aurait pu d’emblée en prendre de plus courtes. Il faisait vite, il était pressé car il avaitun canard sur le feu. Cependant il nous héla : — Ne restez pas dehors par ce temps, je vous en prie,reculez-vous sous mon hangar. Nous rentrâmes au sec dansle vaste chalet et on nous installa dansla pièce du fond au coin d’un bon feu de bois. Je n’étais paspressé pour dîner et nous devisions agréablement en prenantl’apéro. Elle me parla de ses difficultés d’enseignante.Les filles trouvent les maths débiles et les garçons prétendent quepersonne n’est jamais assez fort pour ce calcul… On nous apporta le menu que nous consultâmes ensemble : Nous avons fait notre choix et les plats sont arrivés assez rapidement. Nous n’étions pas nombreux dans cette salle, certainement à cause du temps. Et c’est heureux caron dîne mieux quand on est peu. Elle mangeait de bel appétit sans cesser de répéter : — Hum…Ces frites me bottent ! Ces frites me bottent ! — Etgoûtez-moi cette farce, lui dis-je à mon tour en tendant ma cuillère. Nous nous régalions. Pour ma part, je trouvais cependant quel’important quand ...