1. MARIE-ANGE


    Datte: 17/03/2024, Catégories: Entre-nous, Les femmes, Auteur: Mib14, Source: Hds

    ... nom ? »« Marie-Ange »« C’est beau »« Merci. Je l’ai trouvé toute seule »Elle me fit un clin d’œil et me demanda le mien. Il était 23 heures. Ce bar fermait à minuit quand la plupart le faisait à 3h du matin. Ce n’était pas la même clientèle. Marie-Ange et moi on se tutoyait. C’était venu naturellement.
    
    « Je n’ai pas le droit de m’asseoir », dit-elle en parlant de ma table« Je déménage au bar », « Oui. Ce sera plus facile pour parler »On jasait quand sa clientèle était plus occupée par le hockey que par leur soif. Elle avait 48 ans. Ça faisait 25 ans qu’elle était serveuse. Elle avait travaillé dans des restaurants puis dans des bars, des soirées, des évènements privés. On voyait par sa démarche qu’elle faisait son métier avec aisance, avec grâce et un certain plaisir. Je ne voulais plus la quitter.
    
    C’était une coïncidence mais elle demeurait à St-Henri. L’endroit s’était bien amélioré depuis mon enfance. Elle venait initialement de la campagne. On avait du plaisir à échanger des souvenirs. Marie-Ange faisait le tour de ses clients et clientes pour leur rappeler l’heure de fermeture. Elle se faisait toujours payer en apportant la consommation. Après le départ des clients, elle ramassait son pourboire et le mettait dans sa poche de tablier.
    
    « Les pourboires sont bons ? »« Oui..pas mal…je me ramasse entre 50 et 100 $ un vendredi soir »« Je demeure tout près d’ici ». J’avais dit ça sans penser. C’était sortit tout seul. Je savais que j’étais rouge comme une tomate. ...
    ... Puis je me suis mise à rire. Marie-Ange me regardait en souriant. Un sourire constant et avec des yeux qui se fermaient et s’ouvraient.
    
    « Attends-moi à l’extérieur. J’en ai pour 10 minutes après la fermeture pour compter les recettes et tout fermer à clé. »« Ok. Je t’attends. Je regarderai la vitrine du libraire de l’autre côté de la rue. Prends ton temps. »« Je me dépêche »---------------------------------------------------------------------------------------------------------------Je regardais les grands livres sur la photographie et sur le cinéma dans la vitrine du Bouquiniste. Je me promettais d’y retourner bientôt. J’entendis le bruit des talons de Marie-Ange qui traversait la rue.
    
    « Tu gardes tes talons hauts ? » « Je suis habitué. Je te suis »Elle me prit le bras. Elle sentait le parfum frais. Elle avait pris le temps d’en remettre. Ses cheveux bouclés noirs dansaient devant son visage. Ses talons hauts lui donnaient un rythme auquel je n’étais pas habitué.
    
    « C’est pas loin. L’autre rue »Elle était silencieuse. Puis elle mit sa tête sur mon épaule, tout en me tenant par le bras. Elle était un peu plus courte que moi. Le trottoir était désert. Je me penchai pour lui donner un court baiser sur sa bouche rouge.
    
    On arrivait chez moi. Il fallait monter les marches jusqu’au premier palier puis j’ouvris la porte de mon logement. On devait encore monter l’escalier pour aboutir au milieu de l’appartement.
    
    « Ils n’avaient pas inventé les ascenseurs »J’avais à peine ...