1. « Matrone et Domina : Tullia, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (26) : La Bona


    Datte: 12/03/2024, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... tarpéienne, selon l’expression des anciens Romains.
    
    C’est dans ce contexte que Tullia va provoquer, en décembre 54, un nouveau scandale de la Bona Dea, qui va dépasser en gravité celui provoqué jadis par l’agitateur Clodius, en -62, lorsqu’il avait été surpris dans la maison du Grand Pontife Jules César, en plein milieu de cette fête, réservée aux femmes, occasion pour ce débauché notoire de rencontrer Pomponia, l’épouse du Grand Pontife. César avait été amené à divorcer de son épouse, affirmant que « la femme de César ne saurait être soupçonnée ».
    
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    La « Bona Dea » était la déesse protégeant les femmes. Le culte, qui célébrait Damia, la déesse de la fécondité, consistait en une cérémonie nocturne, dans la nuit du 3 au 4 décembre, organisées dans sa demeure par une matrone, qui y invitait d’autres matrones. La cérémonie était strictement réservée aux femmes et la présence d’hommes était proscrite. C’est ce tabou que Tullia et ses invitées vont violer en décembre 54.
    
    Les mystères de la Bona Dea se situent en marge de toutes les pratiques de la religion officielle : ils se déroulent dans une maison privée et non dans un espace public, ils sont nocturnes alors que toutes les autres manifestations cultuelles de déroulent de jour, ils excluent les hommes, seuls détenteurs du pouvoir religieux. Les femmes y pratiquent des activités qui leur sont interdites, le sacrifice d’animaux et la consommation de vin. C’est une nuit exceptionnelle, un véritable monde à ...
    ... l’envers.
    
    A Rome, cela se passe dans la maison d’un magistrat disposant d’un « imperium ». Hors de Rome, une riche patricienne pouvait prendre l’initiative. Tullia ne se retrouve absolument pas dans les valeurs et les rites de la religion et la morale traditionnelles de la société romaine. Elle le prouve par sa totale liberté de mœurs et ce sentiment est chez elle particulièrement fort depuis que les Dieux ont rappelé à eux Vettius Valens, le grand amour de sa vie (voir « (20) : mariage fatal pour Messaline »). Le scandale et le blasphème ne lui font pas peur, malgré les mises en garde de ses proches. Elle a rompu avec cette morale stoïcienne qu’incarne son père Marcus.
    
    Tullia va soigneusement organiser cette soirée. Elle commence par convaincre Fausta de transformer cette fête de la Bona Dea en bacchanale. Fausta est au départ horrifiée par le blasphème, elle dont le défunt mari, Hosidius Geta, était très pieux et avait exercé divers sacerdoces, d’abord en tant que « rex sacrorum » puis comme flamine. Mais Fausta ne sait pas dire non à Tullia et finit par se laisser tenter. Après tout, se dit-elle, ce ne sera pas le premier banquet chez elle ou chez Tullia qui tourne en orgie.
    
    Tullia choisit d’inviter des matrones qui vivent à Baïes ou qui s’y rendent souvent en villégiature et qui sont réputées pour leur libertinage. Trois de ces femmes sont citées dans les épigrammes de Martial, puis dans les satires du poète Juvénal, qui parle de Tullia dans sa satire VI. Ces matrones, ...
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