-
« Matrone et Domina : Tullia, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (26) : La Bona
Datte: 12/03/2024, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds
... affranchi africain et de Decimus, qui est son intendant après avoir été le garde du corps de Messaline. Fausta prévoit, quant à elle, de venir avec son jeune amant du moment, Marcus Valerius Martialis, qui sera plus connu comme poète élégiaque, sous le nom de Martial. Le défunt mari de Fausta, le général Caius Hosidius Geta, commandant de la Legio IX Hispana, qui fut l’un des conquérants de la Bretagne en 43 avec Aulus Plautius, avait été propréteur en Hispanie. C’est dans le cadre de ces fonctions qu’il fit connaissance de la famille de Martial. Martial est né en 38 dans une famille plutôt aisée de Bilbilis, une petite ville de Tarraconaise, une province du nord de l’Hispanie. Le jeune Marcus est le protégé de Geta et de son épouse Fausta. Ayant revêtu la toge virile, c’est à l’occasion d’un séjour à Baïes chez Fausta que celle-ci fait de Martial un homme. Martial sera acteur et témoin de ce scandale de la Bona Dea et transmettra plus tard ses souvenirs à son ami le poète Juvenal. Pour parfaire l’organisation de cette soirée, Fausta va conseiller à Tullia de faire appel à Saufeia, célèbre à Rome comme Prêtresse de Bona Dea et qui appartient à une famille plébéienne. Elle était la sœur du sénateur Sauffelius Trogus, ancien amant de Messaline, qui dut se suicider après le complot de Silus (voir « (20) : mariage fatal pour Messaline ») Fausta invita enfin Livia Medullina, fille de Scribonianus, légat de Dalmatie, qui s’était révolté contre Claude en 42. Tout ...
... était en place pour une cérémonie de la Bona Dea organisée pour tourner en orgie. Ce que n’avait pas prévu Fausta était la venue chez elle de sa sœur Paulla. Fausta fut contrainte d’accepter sa présence, ce qui aura de lourdes conséquences. *** Les mystères de la Bona Dea sont célébrés par les matrones avec leurs servantes, dont Sylvia, sous la supervision de Marcia. Tullia, maîtresse de maison, suit les directives de Saufeia. Les hommes qu’elle a sélectionnés pour la deuxième partie de la soirée attendent avec impatience dans une autre partie de l’immense Domus. Tullia et ses invitées portent dans leurs cheveux des bandelettes de pourpre. Au début tout se passe bien, autour d’un banquet et alors que jouent des musiciennes vêtues de longues robes safranées et tenant une harpe à la main. Des tonnelles de divers feuillages, à l’exception du myrte, décorent la maison. Sous la conduite de Saufeia, prêtresse de la soirée, les participantes sacrifient une truie et offrent une libation de vin. C’est un autre interdit, puisque les femmes ne consomment habituellement pas de vin. Il est donc appelé lait et servi dans une jarre appelé « pot à miel ». Les chants et les danses tiennent une grande place dans cette nuit singulière. Livrées à elles-mêmes, n’étant plus placées sous le contrôle des hommes, les matrones vont braver tous les interdits sociaux et moraux. S’appuyant sur le témoignage de Martial, Juvenal va décrire ainsi cette soirée dans sa satire VI : « Quelle réserve ...