1. Manon


    Datte: 07/03/2024, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Clar, Source: Hds

    Manon est ce qu’on appelle une jolie fille. Vingt-six ans, un mètre soixante-quatorze, cinquante-six kilos, des longs cheveux châtains, des yeux marrons, un regard pétillant, un corps mince entretenu par la pratique du sport, une poitrine menue et des fesses agréables à la vue. Elle s’habille habituellement en jean, teeshirt et basket. De plus, elle est ceinture noire de karaté. Pratique quand on est lieutenant de police.
    
    Nîmes est sa première affectation. Elle y entame sa deuxième année. A son arrivée, ses collègues la regardaient avec ironie. Une nana inspectrice. La troisième après Sarah et Bérangère. Dès le deuxième jour, alors qu’elle était en doublure, en « observation » comme on dit, ils avaient été pris à partie par un groupe de jeunes de la cité. Marc, le lieutenant avec qui elle était, avait ordonné le repli. Mais le véhicule était déjà encerclé. Manon était descendue de voiture et avait fait face à deux loubards. « Tu veux prendre une raclée ou tâter de la queue poufiasse » avait dit le premier. Arrivée à distance suffisante elle avait lancé sa jambe en avant. Son pied avait atteint le gars au niveau de la carotide. Il s’était effondré. Le deuxième avait voulu le venger mais avant qu’il ait eu le temps de réagir Manon avait attrapé son poignet et l’avait projeté au sol où il avait atterri brutalement, son épaule émettant un craquement sinistre. Les quatre autres n’avaient pas demandé leur reste et avaient détalé comme des lapins. Marc avait raconté ce qui ...
    ... s’était passé. L’attitude de Manon lui avait fait gagner le respect de ses collègues, même si son chef lui avait passé une soufflante en lui rappelant que les cimetières étaient remplis de gens indispensables dont certains se prenaient pour des héros.
    
    Avec le temps, ses collègues masculins avaient tenté de la draguer, mais sans succès. Ils avaient demandé aux filles si elles pensaient qu’elle était lesbienne mais visiblement aucun indice ne permettait de le penser. Certains, dont Marc, avaient essayé d’en savoir plus sur sa vie mais rien ne filtrait. Un brigadier l’avait juste vue un jour en jupe au supermarché et avait rapporté qu’elle avait des jambes magnifiques. C’était peu, mais suffisant pour faire fantasmer presque tout le commissariat.
    
    C’est peu après que débuta l’affaire Paillot. Eugène Paillot était un homme d’affaires, soupçonné de tremper dans des affaires louches, mêlant le trafic d’armes, le blanchiment d’argent et le trafic d’influence, couvert par une ancienne grande figure du milieu politique.
    
    Le lundi 28 août en fin d’après-midi, le commandant Poucelli convoqua Manon et Sarah dans son bureau. « Re-bonjour. Vous ne le savez pas encore, mais une grosse affaire, qui pourrait avoir des répercussions internationales et ternir l’image de la France est suivie de près par l’Intérieur. Bref, on me demande de proposer un ou deux éléments pour infiltrer le « gang Paillot » comme on l’appelle. Oh, ce n’est pas un gang qui vit dans la violence directe, mais il ...
«1234...»