1. Sur la route de la corniche – 6


    Datte: 06/03/2024, Catégories: caférestau, telnet, dispute, aventure, Auteur: Djangerine, Source: Revebebe

    ... moins deux heures, et qu’est-ce que tu espères y trouver ?
    — Je veux aller voir !
    — Vas-y toute seule, y’a rien à y voir !
    — Ah, et comment tu sais ça ?
    — J’ai fait comme toi, j’ai regardé ou ça se trouvait, c’est une cidrerie, y’en a une dizaine dans ce secteur, j’y suis déjà allé !
    — T’aurais pu me le dire… et les filles sur les photos… ça fait rien on va y faire un tour !
    
    Ils sont déjà en route, Antoine se renverse dans son siège, mécontent. Elle emprunte la corniche basque avant de rejoindre l’autoroute. Un flash quand elle passe à l’endroit où l’a intercepté Antéro l’autre jour. Elle revoit les feux de pare-brise bleus, la silhouette, la démarche de l’homme qui s’approche. Qu’est-ce qu’il a à voir avec histoire, est-ce lui qui a fait apparaître le mystérieux dossier ?
    
    Après la frontière, la route est encore longue, ils traversent plusieurs petites villes du Pays basque espagnol, puis empruntent une route de montagne sinueuse. Sur la fin du parcours, les paysages sont magnifiques, forêts de hêtres têtards aux allures inquiétantes, cascades et ruisseau en contrebas. Juste après le village, un chemin en terre serpente en lacets serrés sur six kilomètres.
    
    Ils arrivent, elle vérifie, quarante minutes de trajet depuis la frontière. Elle reconnaît la clairière vue sur l’image satellite, une dizaine de véhicules garés, l’espace peut en accueillir beaucoup plus. La bâtisse ne paye pas de mine, pourtant la porte franchie, un long bar adossé à un mur recouvert de ...
    ... bouteilles et un ensemble hétéroclite et chaleureux de tables, de fauteuils et de canapés, organisé autour d’une énorme cheminée, accueille les visiteurs. De quoi accueillir plusieurs dizaines de convives. En arrière-plan, une autre grande pièce laisse deviner un alignement d’énormes barriques, la fameuse cidrerie. Derrière le comptoir, deux quinquas aux charmes débordants, un peu trop maquillées. Elles entretiennent la conversation avec un groupe d’hommes, parlent et rient avec éclat.
    
    Ils s’approchent, elle observe Antoine nerveux qui en quelques secondes a fait le tour des consommateurs, scrutant chaque visage. Il commande en espagnol, « dos cervezas » en fixant froidement la serveuse qui semble surprise. Laura observe les deux femmes qui l’ont dévisagée à son entrée, leurs prénoms sont brodés sur leurs tenues de travail, Olga et Carla !
    
    Ils s’installent, silencieux. Antoine descend rapidement son verre, il n’a semble-t-il pas l’intention de s’éterniser. Laura prend son temps et observe. Le feu crépite, pourtant on n’est que début octobre. Les hommes groupés au bar se retournent fréquemment et l’observent. La brune Carla s’éclipse par la porte de service, entraînant derrière elle un des gars, et se dirige vers les dépendances.
    
    Un homme arrive de l’arrière-salle, trapu, élégant, il la dévisage lui aussi et vient s’asseoir à la table jouxtant la leur, à proximité d’Antoine qui s’est raidi. Il l’interpelle à voix basse en espagnol, tout en fixant Laura. Antoine lui ...
«1...3456»