1. Les fantasmes de Lucie (5)


    Datte: 24/02/2024, Catégories: En solitaire, Auteur: Exorium, Source: Hds

    Au boulot, ils ont procédé à une restructuration générale. Ce qui veut dire qu’ils nous ont déplacés d’un bureau à l’autre sans la moindre logique apparente. J’en ai fait trois en une semaine avant de venir finalement échouer, définitivement selon les chefs, dans un petit réduit au fin fond d’un couloir en compagnie de Cordelia que ça n’a pas l’air d’émouvoir plus que ça.
    
    – Au moins ici on sera tranquilles. Et au calme.
    
    C’est quelqu’un d’à peu près mon âge, Cordelia. Avec qui je me suis toujours bien entendue. La preuve : quand j’ai fait, dans mes fantasmes, punir l’autre imbécile de Dupin par la cheffe, c’est avec elle que j’étais, dans le couloir, pour assister à sa correction. C’est un signe qui ne trompe pas, ça. Je n’aurais pas invité n’importe qui.
    
    Du coup, dans notre petit cagibi, on s’entend comme larronnes en foire toutes les deux. Et on passe beaucoup de temps à papoter. D’un peu tout. De son mari entre autres.
    
    – Si c’était à refaire, je peux te dire que je le laisserais où il est, celui-là. Pour ce qu’il me sert ! À quoi ça t’avance franchement d’avoir un mec si c’est pour qu’il te tire tous les tournants de lune. Et qu’il le fasse mal. En plus !
    
    Je lui ai suggéré de prendre un amant.
    
    – Oui, ben, pour ça, tu penses bien que je t’ai pas attendue. J’en ai même pris plusieurs. À la file. Ça a des avantages, je dis pas le contraire, mais ça a aussi des inconvénients. De toute sorte. Le dernier, je me suis fait coincer par sa bonne femme qui voulait ...
    ... m’arracher les yeux. Quant à celui d’avant, il m’avait piqué un chèque, avec la souche, au beau milieu du carnet. Et le temps que je m’en aperçoive… Sans compter que, côté cul, tant que tu les as pas essayés, tu sais pas trop sur quoi tu vas tomber. Et que, le plus souvent, ça casse pas trois pattes à un canard. Il y en a un, par contre, qui, lui, ne me déçoit jamais.
    
    Elle a farfouillé dans son sac.
    
    - Je te présente Alberto.
    
    Un gode. De proportions tout à fait honorables. Un gode qu’elle m’a brandi sous le nez.
    
    – Efficace, toujours disponible quand t’as besoin, infatigable. Et puis de bonne compagnie : jamais un mot plus haut que l’autre.
    
    J’ai éclaté de rire.
    
    – Ah, ça, c’est sûr !
    
    – Me dis pas que t’as pas recours à ce genre de gentil petit compagnon, toi aussi, de temps à autre…Si ! Si ! Je devais bien reconnaître que…– Ben, évidemment ! Évidemment ! Toutes, on le fait. Et celles qui prétendent le contraire ce sont de fieffées menteuses ou bien alors elles sont coincées que le diable. Une nana normalement constituée… Tu te le fais souvent ?
    
    – Encore assez, oui.
    
    – Moi, c’est tous les jours. Ou presque. Et même, quand j’en suis vraiment, plusieurs fois par jour. Quand ça m’attrape, faut que ça se fasse. Absolument. Vite. Tout de suite. Il y a plus rien d’autre qui compte.
    
    J’avais remarqué, oui !
    
    Elle a écarquillé les yeux.
    
    - Comment ça, t’avais remarqué ?
    
    - Que tu vas aux toilettes plus souvent qu’à ton tour. Et que, quand t’en reviens, ...
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