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Hellas
Datte: 16/02/2024, Catégories: fh, amour, journal, couple, Auteur: Amarcord, Source: Revebebe
— Ma douce, l’orage ne va pas tarder… Ils avaient passé la journée à paresser, circulant dans le petit 4x4 de location, sirotant un café sur le port, déambulant dans les ruelles aux maisons immaculées, n’y croisant que de petites vieilles en noir et des chats vagabonds. Ils avaient fait des provisions pour le soir à l’épicerie du village, pâtes, fruits mûrs et légumes parfumés. Et puis, après un détour par leur pied-à-terre isolé, ils s’étaient mis en quête d’une nouvelle crique, encore un peu plus secrète, encore un peu plus déserte. Ils rangèrent la voiture sur un terre-plein poussiéreux en léger contrebas de la route. De là, un sentier serpentait au flanc de ce rivage escarpé, au milieu de la caillasse et des touffes de chardons, de pimprenelle épineuse et de criste-marine. Ce qu’ils avaient pris pour une courte balade se révéla un long parcours, raide et malaisé, mais délicieusement odorant. Parfois, la trace se perdait entre les éboulis : loin de cheminer sur un sentier répertorié, ils suivaient la piste d’autres audacieux qui avaient un jour tenté ce raccourci hasardeux. Elle n’allait pas nu-pieds, mais presque : la mince couche de plastique de ses claquettes rendait le trajet d’autant plus périlleux. Aussi veilla-t-il sur elle durant toute la descente, assurant ses pas, s’émouvant de la sentir si confiante, si reconnaissante et tendre aussi, puisqu’elle le payait d’un long baiser à chaque halte. C’est presque en la portant qu’il franchit les derniers ...
... obstacles, jusqu’à déboucher sur une anse bien cachée sous les falaises abruptes. La plage apparut, les payant de leurs efforts. Une langue de sable et non de galets, bordée de pins maritimes et léchée par des eaux d’émeraude, à peine plus claires que la couleur des yeux de la fille. De façon aussi inattendue que bienvenue, une buvette assemblée de bric et de broc était installée en retrait de la plage. Ils étaient assoiffés, le soleil tapait dur, les chaises de bois bariolées de couleurs vives les invitaient à la pause sur leurs assises paillées, alors ils s’attablèrent sous la tonnelle de ce bistrot presque clandestin, à bonne distance de la grille où des brochettes suaient sur les braises. On y mangeait mal et gras, à moins de se contenter de l’inratable : ils misèrent judicieusement sur l’inévitable salade grecque. Le patron, un sexagénaire à la nonchalance souriante, répondit à leur curiosité : l’approvisionnement lui arrivait en barque, par la mer, et la plupart des clients aussi, qui déferlaient en rares et modestes vagues d’excursionnistes. Quant à l’accès terrestre, leur apprit-il, il était bien plus commode et rapide via un chemin mieux aménagé remontant vers la route sur l’autre versant, assez loin hélas de leur point de départ. Ils attendirent que le soleil perde un peu de son arrogance pour quitter l’abri des frondaisons et rejoindre la fine bande de sable sertie entre deux amas de rochers. Il n’y avait pas plus de dix baigneurs paressant sur la plage, et plutôt ...