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L'École du Désir #10 - Plage de Marathon
Datte: 15/02/2024, Catégories: Entre-nous, Les femmes, Auteur: Emiole, Source: Hds
Chapitre 10 - Plage de Marathon Encore un matin à se lever, la tête libre et le corps lourd. Ce n’est pas rien d’enchaîner autant de jours, et de cours, et de pratique ! Alors à l’approche de ce nouveau week-end, j’ai finalement préparé mes affaires pour quitter ce campus de plaisirs et d’essoufflements. Prendre l’air, respirer l’horizon, se rafraîchir l’organisme de haut en bas, telle est ma volonté, c’est donc tout décidé : direction la mer ! Il y a quelques jours, lors de la fameuse expérience au restaurant aphrodisiaque (si, je vous jure que c’était dans la nourriture !), Marianne avait abordé sa vie et sa petite cabane en bord de mer, où sa famille a toujours vécu. Elle se trouvait à quatre bonnes heures de voiture d’ici, ou si vous avez le pied marin, à quelques 130 miles nautiques. Elle m’y avait donc bien gentiment invité après que j’ai sans doute parue subitement fort nostalgique du bruit des vagues. Nous y passerons le week-end, m’avait-elle proposé, à se la couler douce ; ce à quoi j’acquiesçai bien évidemment en imitant quelqu’un d’agréablement surprise. Elle me lança alors un diable de sourire, ne me faisant que me réjouir davantage de cette virée. Neuf heures et cinq minutes, Marianne sonne pour venir me chercher à mon appartement. Mon sac est plein et prêt à craquer, tout comme mon ventre après un déjeuner plus qu’immense et matinal ; je dis aurevoir à demi signe à ma colloque qui comme à son habitude se prélasse de bon matin sur son siège massant, ...
... ne me répondant que de gémissements, peut-être qui ne me sont pas destinés du tout par ailleurs. On embarque dans sa voiture garée devant l’immeuble, c’était une Mini rouge dont le toit s'ouvre lors des beaux jours. Et ça tombe bien c’est un beau jour ! Tout semble et sent merveilleux sur la route des vacances, même si ce n’est que pour un week-end, ça me fait tant plaisir de m’aérer l’esprit loin du campus. Mais alors qu’on battait le bitume dans notre bolide comme de vraies californiennes, et qu’on se racontait nos progrès personnels, elle s’arrête brusquement sur la bande d’arrêt d’urgence. Elle ne me fait parvenir aucun mot, son regard fixe aussi loin qu’il fixe le bout de son nez. Rien si ce n’est l’angoisse ne se fait entendre entre les quatre portes et le capot. Marianne, cette fille timide mais aux allures de déesse, semblait perdre toute son assurance et se retrouve désormais figée comme une statue de marbre. Dans cette ambiance d’incompréhension et d’une anxiété pétrifiante, je pose la question aussi attendue que redoutée : - Marianne, tout va bien ? - Je dois te dire quelque chose, Lucile, avant que nous arrivions chez moi, me répond-elle. Interloquée par une telle soudaineté et tant de gravité, je me fais toute ouïe, prête à toute sorte d’annonce que l’on pourrait redouter. - Tu vas certainement rencontrer ma famille quand on sera arrivées, simplement sache qu’elle n’est peut-être pas ce à quoi tu peux t’attendre, et qu’on a meilleur temps de ne pas ...