1. 0307 Si la vie était un long fleuve tranquille...


    Datte: 04/02/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... passé. Il a du mal à encaisser cet échec. Il m’a même dit de ne rien dire aux autres pour l’instant.
    
    — Il ne t’a pas laissé plus d’indications ?
    
    — Non, je suis désolée.
    
    — Je ne sais pas comment le retrouver. Je me retrouve là comme un con… attends… j’ai un double appel… putain, c’est lui… je raccroche, Charlène, je te tiens au courant.
    
    — Ok, bon courage Ni…— Allo ?
    
    — C’est moi ».
    
    Sa voix me fait vibrer. Mon inquiétude se mélange à la joie, mon cœur s’emballe.
    
    « Tu es où ?
    
    — Qu’est-ce que tu fous à Paris ?
    
    — Figure-toi que j’avais envie de te voir !
    
    — Je t’ai dit que je n’avais pas le temps !
    
    — Tu n’as jamais le temps !
    
    — T’aurais dû rester chez toi !
    
    — Merci pour l’accueil ! T’es où ?
    
    — Au boulot.
    
    — Et tu fais quoi ?
    
    — Comme à Toulouse. Serveur dans une brasserie.
    
    — Où ça ?
    
    — Près de la Madeleine.
    
    — J’arrive.
    
    — Ne viens pas, je suis occupé.
    
    — Tu finis à quelle heure ?
    
    — Tard.
    
    — Je t’attends.
    
    — Tu me gonfles !
    
    — Toi aussi ! ».
    
    Il me faut insister lourdement pour qu’il me donne l’adresse de la brasserie. Je rappelle Charlène comme promis, puis je prends le métro pour rejoindre le gars que j’aime.
    
    En tenue de serveur, chemise blanche d’où dépasse le tatouage qui remonte jusqu’à son oreille, gilet soulignant le V de son torse, pantalon noir et chaussures de ville, mon Jérém est beau comme un Dieu.
    
    Je m’installe en terrasse et j’attends qu’il regarde dans ma direction pour lui faire un signe. Le ...
    ... bobrun vient me voir direct. Son regard est noir, tendu.
    
    « Salut. Comment ça va ? je lui lance.
    
    — Tu veux boire un truc ?
    
    — Moi aussi je vais bien, merci !
    
    — Nico, j’ai pas le temps !
    
    — Oui, je prends un mojito.
    
    — Tu bois maintenant ?
    
    — Oui, et c’est de ta faute !
    
    — Quoi ?
    
    — Il faut bien que je digère tout ce que je viens d’apprendre !
    
    — Couillon, va !
    
    — On peut se voir après la fin de ton service, non ?
    
    — Je vais finir super tard.
    
    — Pas de problème. J’ai tout mon temps. De toute façon, je ne vais pas repartir ce soir. Au fait, tu dors où ?
    
    — Chez Ulysse ».
    
    Soudain, mon sang se met à bouillir. Je ressens une sensation de chute dans le vide, j’ai les mains et le dos moites. Une ancienne jalousie oubliée refait surface et me frappe avec la violence d’une trahison.
    
    « Ulysse ? je fais, interloqué.
    
    — Oui, il m’héberge le temps que trouve le moyen de payer un loyer.
    
    — Je vais chercher une chambre d’hôtel. Tu me rejoindras, hein ?
    
    — Ouais, ouais, ouais ! il fait sur un ton agacé.
    
    — Je cherche et je t’appelle pour te dire où.
    
    — Allez, j’ai du taf ! » se dédouane le beau serveur, alors qu’un client vient de lui faire signe d’approcher.
    
    Une minute plus tard, Jérém m’apporte mon mojito et il le pose devant moi sans un mot, avant de repartir à toute vitesse vers une autre table. Je bois lentement la délicieuse boisson, tout en repensant à d’autres mojitos, pris en compagnie de ma cousine, et en me disant qu’elle me manque. ...
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