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La Tour de mademoiselle Eiffel
Datte: 01/12/2023, Catégories: fh, jardin, boitenuit, amour, soubrette, caresses, init, nostalgie, portrait, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe
... beau dimanche d’août, Charles-Henri emmène Lison danser dans une guinguette des bords de Marne. Il est beau en venant la chercher, avec un canotier et un petit foulard autour du cou qui le fait ressembler à un Apache. Pour lui plaire, elle a mis sa robe fleurie avec deux jupons du plus bel effet, et une large capeline pour la protéger du soleil, afin de ne pas altérer la blancheur de son teint. Toute une expédition, il faut aller Gare de la Bastille en tramway pour prendre le train pour Nogent. Le voyage est long, mais le paysage les enchante. En arrivant, ils se dirigent vers un champ en bordure du fleuve. Lison a tout prévu pour un pique-nique, elle étend une belle nappe fleurit et sort leur déjeuner du panier en osier qu’elle a apporté, repas léger, arrosé d’un petit rosé plus très frais qui leur monte vite à la tête. Après avoir rangé ses affaires dans le panier, Lison rejoint Charles-Henri qui s’est déjà allongé dans l’herbe. Assise contre un arbre, la tête de son amant sur ses jambes, elle lui caresse tendrement les cheveux. Il s’est assoupi. Elle se demande combien de temps durera son bonheur, ne va-t-il pas se lasser d’elle ? Elle tient à lui, mais jamais elle n’oserait lui avouer ses sentiments. Et lui, l’aimait-il ? Impossible, Charles-Henri ne pouvait aimer une jeune fille qui n’est pas de son rang. La musique la tire de ses réflexions. Elle a envie de danser, ils sont bien venus pour ça. Elle le réveille doucement, l’embrasse et l’entraîne vers la ...
... piste de danse. L’orchestre vient juste d’entamer un cancan, histoire de réveiller les danseurs qui commencent à somnoler. Plutôt drôle à voir, tout le monde essaie, mais personne ne lève la jambe comme à Montmartre. Emportés par le tourbillon, Lison ne quitte pas les bras de Charles-Henri, enchaînant les danses tout l’après-midi. Étourdie, elle se laisse tomber sur une chaise, et sourit à son cavalier venu lui apporter un verre, avant de retourner sur la piste pour ne pas perdre une minute de cet après-midi enchanteur. Sans faire attention aux autres danseurs, Charles-Henri l’embrasse, ses mains lui font comprendre combien il a envie d’elle. Ah ! s’ils avaient été seuls, Lison se serait bien laissée aller dans l’herbe, près de la rivière. Tout à une fin, le soleil commence à décliner. Dernière danse, une polka piquée endiablée, à laquelle tout le monde participe, les laisse essoufflés et en sueur sur le bord de la piste. Il est temps de rentrer. Un peu tassés dans le train de retour, ils somnolent dans les bras l’un de l’autre, heureux et fatigués de cette journée en plein air. À cette heure plus de tramway, il faut rentrer à pied. Main dans la main, Charles-Henri raccompagne Lison, les rues faiblement éclairées par les becs à gaz abritent leurs confidences. Sans un mot, il monte dans sa petite chambre sous les toits. En s’embrassant, ils se déshabillent, avant de s’allonger sur le lit de Lison. La nuit est à eux, une nuit entière à s’aimer, comme elle en rêve ...