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Vous prenez du dessert ?
Datte: 09/11/2023, Catégories: hplusag, fplusag, ascendant, amour, cérébral, nopéné, échange, nonéro, exercice, enfamille, Auteur: Olaf, Source: Revebebe
— Sincèrement, les gars, je n’ai pas envie de poursuivre la discussion dans cette direction ! Vous prenez du dessert ? Quand je dis « les gars », c’est affectueux et un brin moqueur. Lionel, le père, et Livio, son fils de vingt-deux ans, sont assis en face de moi dans le resto où je les ai invités. Depuis la fin du plat principal, ils font dévier la discussion sur la pente savonneuse du polyamour, du désir qu’une femme peut éprouver pour plusieurs hommes en même temps, de l’échangisme et du mélangisme. Je sais que Lionel en connaît un rayon sur le sujet et je suis mal à l’aise pour en parler, surtout lorsque père et fils attendent des réponses de ma part. Je me vois mal parler devant le fils de ce que j’éprouve pour son père et vice-versa. — Qu’est-ce qui te gêne dans nos questions ? demande Livio avec un regard de braise que provoque l’intensité du débat. — Tu sais que nous n’avons pas de secret l’un pour l’autre ? ajoute Lionel en posant sa main sur la mienne. Dis-nous ce que tu penses. — Le problème, ce n’est pas ce que je pense, mais ce que je pourrais ressentir. — Et ? — Il y a des portes que je préfère laisser fermées. C’est la troisième fois que je rencontre Livio. La première fois, l’adolescent timide m’avait émue. J’ai été touché par son intelligence et la profondeur de son regard, peu communes chez un jeune de cet âge. La deuxième fois, j’ai aimé discuter avec l’homme qu’il était devenu, l’entendre parler de ce que la vie peut offrir à presque vingt ...
... ans, de ses envies de la croquer à pleines dents. Et j’avoue que sa manière discrète et élégante de mettre son corps en valeur m’avait séduite. Aujourd’hui, deux ans plus tard, il se remet d’une intense, mais douloureuse expérience de couple. Le fruit de la passion était blet. Il a mis du temps à recracher le morceau, tout en tenant mieux le choc que ce que m’avait décrit son père. Je le découvre enjoué, vif d’esprit, à nouveau plus sûr de lui. J’apprécie sa présence, comme je sais qu’il apprécie la mienne auprès de son père. Il paraît même qu’il me trouve assez séduisante. Lionel, je l’aime profondément depuis le jour où je l’ai rencontré et où ses élans sensuels ont illuminé mon existence. Nous n’avons objectivement aucun espoir de pouvoir vivre plus que quelques jours ensemble, de temps en temps. Mais nous ne nous retenons pas, en dehors de nos vies amoureuses respectives, de prendre le temps de nous dire toutes les belles choses que nous avons dans le cœur. Et parfois de faire exulter nos corps, lorsque les planètes sont bien alignées. C’est-à-dire lorsque Lionel n’a pas de femme dans sa vie, lorsque son fils est heureux, si possible loin de sa génitrice, et lorsque j’ai une bonne excuse de voyager à plus de huit cents kilomètres de mon lieu de travail. Alors, pour quelques jours, nous revisitons le jardin d’Eden et nous nous gavons des fruits que nous y trouvons, absolument tous les fruits. Jusqu’à nous en faire expulser pour avoir consommé la pomme du mal, ...