1. Le temps passe à une vitesse folle


    Datte: 08/10/2023, Catégories: fh, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe

    ... toi !
    — Je… j’ai pensé que… mais si… enfin… peut-être que j’ai mis la charrue avant les bœufs. C’est une proposition… mais si t’as besoin de temps je…
    — Du temps ! Tu rigoles ou quoi ! C’est oui ! Mille fois oui !
    
    ---
    
    Hier soir, on a fêté et la finalisation de l’acquisition de son deuxième institut, et la fin des travaux. Pour l’occasion, à juste titre doublement symbolique, la soirée fut triplement ponctuée d’un : t’es un grand malade toi.
    
    Le premier, elle le pleura en découvrant enfin la réunion de nous deux chez soi en un chez nous. Désireux de faire de cette réunion un lieu unique et à notre image, si nous avions choisi ensemble meubles, agencement et décorations, je voulais que le résultat soit tout aussi surprenant que mystérieux. Alors, depuis quinze jours, nous dormions dans la chambre 101 de l’hôtel de la gare. Plus qu’être déjà le symbole de cette transformation, cette fade chambre nous combla de souvenirs, pas si lointains pourtant, mais que nous faisions revivre soir après soir. D’abord, toujours en parole, se remémorant et partageant nos impressions, ressentis et plaisirs, puis en actes, lors de longues et folles nuits à s’aimer. Dormir dans le lit où nous avions fait pour la première fois l’amour nous le transcenda plus encore, ce besoin viscéral de vivre avec l’autre. J’ai découvert qu’éprouver du plaisir, et en donner aussi, ne requiert pas forcément une bonne partie de jambes en l’air. Discuter, se projeter dans l’avenir, et simplement s’endormir ...
    ... l’un contre l’autre peut même parfois combler l’esprit plus qu’une jouissance physique. Ce premier « t’es un grand malade toi » me certifia que l’amour ne s’exprime pas que dans les corps-à-corps, sont-ils tous plus incroyablement jouissifs avec le temps, mais dans le bonheur d’être simplement l’un avec l’autre.
    
    Le second « t’es un grand malade toi », elle le cria en me voyant viser les pierres de parements ornant l’ouverture faite dans le mur qui séparait jusqu’alors nos deux logements. Évidemment, la bouteille de champagne a percuté et laissé un profond souvenir dans le mur avant d’exploser au sol.
    
    Quant au troisième « t’es un grand malade toi », je l’entendis un genou à terre, juste avant :
    
    — T’es sérieux là ?
    — Plus que jamais. Tu es la femme que j’aime. La seule qui me comprenne et que je comprends.
    
    J’étais à ses pieds, tête baissée, une bague toute simple en or dans son écrin, paume de la main tendue. Je tremblais, n’osant pas la regarder cette Chloé qui m’avait révélé que vivre se conjugue et se vit à deux. C’était si simple, pour moi ce jadis ermite, que ma demande me semblait une évidence. Je la savais me regarder, surprise évidemment, et si perplexe surtout. Se sentait-elle au pied du mur ? Prise de court ? Avais-je été trop rapide, moi ce pas paresseux mais jamais pressé ?
    
    Elle me fixait, immobile, interdite, elle toujours si expressive, si explosive. Alors j’ai douté, puis paniqué. J’allais me relever, et m’excuser lorsque :
    
    — Oui.
    
    Putain, ...
«12...678...14»