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Le temps passe à une vitesse folle
Datte: 08/10/2023, Catégories: fh, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe
... vider son sac, puis, peut-être enfin caresser l’espoir de lui soumettre l’idée de faire un seul appartement de nos deux, je l’ai laissé me rejoindre sans ne rien dire. — T’y crois toi ? Non mais y’s’prennent pour qui ces connards ? Attendre qu’elle s’assoie. Pour la connaître suffisamment maintenant, je sais que tout dialogue est inutile tant qu’elle n’a pas craché sa colère. Whisky sur deux glaçons, et bière pour moi en main je m’installai face à elle. Attendre qu’elle boive une gorgée, sinon c’est l’implosion garantie et la mort dans l’œuf. Elle l’a bu d’un trait. — Putain ! heureusement que je t’ai sinon… Voilà, la pression chute. Mais attendre encore un peu, et la resservir sinon elle risque de ruminer. — J’ai cru que j’allais lui faire bouffer mon bilan ! Il n’est que deux personnes qui la mettent dans un tel état : son comptable et son banquier. Tant elle peut être douce et professionnelle avec sa clientèle, tant elle ne se contrôle plus face à ces deux énergumènes, qu’elles nomment sans distinction : connards. — Il est bon putain mon bilan ! J’fais du bénef merde ! Elle repositivait. Bon signe, mais : — Pas assez de tréso et déjà trop endetté ! Connard de scribouillard de mes deux ! Elle faisait du sur place, et ce n’était pas bon signe pour moi, ça. — Y fait quoi lui de ces journées ! Que dalle ! Il a son cul bien assis dans son siège en cuir ! Connard de banquier ! Voilà. Cause connue. Ne restait plus que le pourquoi. — ...
... C’est trop risqué ! Il risque quoi ce connard ? Tomber de son siège ? Ne rien dire, et la laisser continuer surtout. — C’est pas lui qui trime douze heures par jour ! Et six jours sur sept. Elle n’est pas fainéante ma Chlo. — Il risque quoi merde ? Me saisir mon bien ? Putain, il vaut plus que ce que j’demande ! Couilles molles des deux qu’j’ai pas ! Si le bien en question était l’appartement, c’était hors de question. Quant à son commerce, c’était pire encore. Son travail, c’est sa vie. Alors : — Je peux t’aider, tu sais. — Ha ! ouais ! Et t’y connais quoi toi en esthétique ? — Rien. Mais j’ai de l’argent si… — Hé ! J’ai une tronche à faire l’aumône ? — Non. Bien sûr que non ! Pardon, je ne voulais pas… — Suis pas dans la dèche, putain ! J’ai un commerce qui tourne bien ! Et un appart ! Et pas de crédit ! Alors qu’est-ce qu’il lui faut de plus à c’te connard ? — … Peut-être que… que tu sois moins… — Moins quoi ? — Comme cela. — … Ouais… Mais je peux pas les blairer ces connards. — Si tu veux, je peux voir avec les miens. — Les ? Parce que t’as plusieurs banquiers, toi ? — Oui. Trois. — Ah ! bon ! Et ça sert à quoi d’avoir trois connards ? — À ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Elle m’a regardé, sondé, perdue. — OK. Mais j’veux pas d’ta tune. — Il me faut tes trois derniers bilans. — OK. — Les trois derniers relevés de compte de ton commerce. — OK. — Je lui envoie en PDF ce soir et je l’appelle demain. D’ici deux jours, tu ...