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Le temps passe à une vitesse folle
Datte: 08/10/2023, Catégories: fh, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe
... gueule quand j’lui ai dit que c’était p’tête parce qu’on baisait trop. Qu’est-ce qu’on a rigolé après en cherchant sur le Net si une overdose de sperme ça existe ! Pourtant pour en voir on en a vu du sperme. Des litres même ! Mais pas la moindre réponse à ma connerie de peur. La capacité humaine à pouvoir et savoir s’adapter, voir changer du tout au tout est incroyable. Si je savais déjà que l’amour peut changer un être du tout à tout, je sais dorénavant qu’être père transforme tout autant, sinon plus. Je ne me reconnais plus. Je ne suis plus ce Pierre-Yves qui m’a gâché la vie si longtemps. Certes, la transformation avait commencé il y a plusieurs années, mais depuis qu’elle est née, après être devenu un mari aimant et aimé je suis aujourd’hui un papa poule. Si Chloé compense ses absences sitôt rentrée du travail en s’occupant de notre fille, elle comble ce désintérêt envers moi sitôt Rosie couchée. J’ai toujours trouvé dans les habitudes un réconfort, sinon un besoin, mais depuis qu’elles sont ce que j’ai de plus cher elles ont tout chamboulé. Avant elles, j’étais réglé comme une horloge suisse : tout était toujours programmé et répétitif. Bref, tout n’était que routines. Mais depuis elles, les jours se suivent et ne se ressemblent jamais. Rosie, ce petit être qui passe la majeure partie de ses journées à manger et dormir, et le peu du temps qui reste à me sourire lorsqu’elle est éveillée me comble d’une joie jusqu’alors insoupçonnée, insoupçonnable. Quant à mon ...
... épouse, cette jadis adolescente qui n’avait qu’une idée en tête, me mettre dans son lit, elle me comble depuis en variant lieux, poses et horaires avec une telle imagination que j’ai l’agréable surprise de ne jamais revivre deux fois la même chose. Tout, absolument tout n’est jamais programmé et prévisible, avec elles. Et tous ces imprévus, contretemps ou parties remises me ravissent d’un sentiment incroyable : je vis au présent et plus au passé. Elles sont parvenues à me faire oublier trois décennies de remords en si peu de temps que parfois je me demande si je ne suis pas devenu fou. Mais il suffit que notre fille pleure, que je la prenne dans mes bras, la console ou la nourrisse, lui change sa couche ou lui raconte une histoire, ou que Chloé m’offre un de ces baisers dont elle a le secret, qu’elle me dise « baise-moi, là, tout de suite » quand l’envie lui prend, et tout est oublié, n’a jamais existé. Dire que je les aime est loin de la vérité tant elles me sont indispensables, tant je me sens seul sans elles, les deux seules capables de me transcender en cet autre moi. Ce moi qu’elle avait tatoué à ses seize ans sur sa fesse gauche, et qu’elle a recoloré il y a moins de trois ans, et cet autre moi qui grandi à vue d’œil. Elles sont le fruit, la preuve que lorsque l’on se donne les moyens rien n’est impossible. Mes amours, jamais, je ne vous dirai jamais assez merci. Je vous aime telles que vous êtes, et m’aime tel vous m’avez fait oublier que Pierre n’est plus, et que ...