-
0315 Pour faire un homme… (partie 1)
Datte: 02/10/2023, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... je poursuis sans m’épancher sur mes véritables inquiétudes. Parfois il a des aventures pour faire croire aux autres qu’il est comme eux. — Et c’est pas trop dur de vivre ça ? — Je n’ai pas le choix. C’est le prix de sa tranquillité et, par ricochet, de la tranquillité entre nous deux. — Ça ne doit pas être simple pour lui de s’assumer dans le milieu sportif. — C’est très compliqué, en effet. Mais on fait attention, on reste discrets. — Faites attention à vous, enchaîne Papa. Tu n’es pas sans savoir qu’il y a des cons qui cherchent à faire du mal aux gars comme vous. — Je sais. Je te promets, on fera gaffe. » Cette conversation avec Papa me met du baume au cœur. Ça me soulage d’un grand poids. Une heure vingt plus tard, le coup de sifflet de l’arbitre notifie la victoire par 27 à19 du Stade Français. La caméra montre une dernière fois Jérém, le front ruisselant de transpiration, le maillot collé sur les pecs ondulant au rythme de la respiration rapide après l’effort. Ulysse s’approche de lui et doit lui balancer une vanne parce que mon beau brun sourit. Ah putain, quel beau sourire ! Et quel beau vainqueur ! Ulysse prend Jérém dans ses bras pour le féliciter. Toujours génératrices de frissons et de fantasmes cette proximité entre potes sportifs. Mais aussi d’inquiétudes, en ce qui me concerne. Qu’est-ce que ressent Jérém à cet instant, alors que les bras de son pote l’enserrent, alors que son corps chaud se presse contre le sien, alors que la main du ...
... beau blond se pose sur son cou ? La naissance de Lucie, le traité de Paix avec Papa, Jérém à la télé, remportant une magnifique victoire avec son équipe. Ce week-end est l’un des plus heureux de ma vie. Pour que ma joie soit encore plus grande, il faudrait que je puisse prendre mon bobrun dans mes bras. Cela ferait taire les inquiétudes qui ne me lâchent pas et qui gâchent en partie ce bonheur. Faute de pouvoir le serrer contre moi, je lui envoie un message pour le féliciter pour son match. J’essaie de l’appeler plus tard dans la soirée, mais je tombe sur son répondeur. Les jours suivants, Jérém me manque d’une façon indicible. Chaque matin je me lève en pensant à lui, chaque soir je m’endors en pensant à lui. Nos coups de fil, bien que plus rares qu’en tout début de saison, me font du bien, mais n’effacent pas la frustration de ne pas pouvoir être avec lui. Au contraire, j’ai l’impression qu’après chaque coup de fil, ma frustration n’est que plus grande. Albert a raison, la distance entretien le manque, et le manque entretient le désir de revoir l’autre. Mais ce désir a un trop grand prix, car le manque est insupportable. Et quand le manque devient souffrance, l’amour devient bourreau. Je lance l’idée de monter à Paris, mais Jérém ne semble pas très réceptif. D’autant plus qu’après la magnifique victoire contre Clermont Ferrand, le Stade Français connait un passage à vide marqué par deux défaites consécutives. Je sens que Jérém redevient soucieux, et distant. ...