-
Le mort a menti
Datte: 19/09/2023, Catégories: hf, fh, fplusag, extracon, campagne, caférestau, danser, voyage, bateau, portrait, policier, Auteur: domi dupon, Source: Revebebe
... son smartphone sur la table en mode enregistrement. Le Maire lui relata, sans émotion, leur découverte, omis de signaler qu’il avait gerbé comme une bleusaille. Lorsqu’il eut terminé, Decamp lui demanda s’il avait une idée de qui avait pu faire ça et surtout s’il savait ce que les assassins cherchaient. Cassin, bien que plus gros propriétaire terrien du village, comme il tint à le souligner, ne s’y était réellement installé qu’après les dernières élections. De fait, il ne connaissait pas vraiment la victime. C’était un vieux garçon, retraité, sans histoire, qui ne semblait pas avoir de gros moyens. Les rares fois où il l’avait rencontré, il l’avait saoulé avec ses contes à dormir debout. Ses agresseurs ne pouvaient être que des gitans, des Arabes ou d’autres racailles de passage qui avaient tapé au hasard. Rien de concret seulement des banalités. Pas grand-chose à attendre, à apprendre de cette outre, gonflée de vide. Ils se quittèrent sur un aurevoir hypocrite. ###-------### Émilie Jacotey l’attendait, assise sur le rebord de la fontaine qui trônait au centre de la place. Aucune trace de Véra. Devant son air interrogatif : — Je l’ai renvoyée chez elle. À part avoir vu l’autre déverser son dégueulis, à et sur ses pieds, elle n’a rien vu. — Vous l’avez interrogée sur Exaspéry ? Elle lui livre ses repas tous les jours, elle doit le connaître. — Oui, elle le connaît, mais pas à cause des repas. Pour elle, c’est un job de vacances. Elle prépare un CAP d’aide à la ...
... personne. Elle est du village donc forcément, elle en a entendu parler. Surtout qu’Exaspéry est, enfin était, un sacré personnage. L’homme qui a tout vu, tout lu, tout fait. Un pilier de bar sans être un alcoolique, mais d’après Véra, il y trouvait un public. — Ça tombe bien, y’a qu’un seul bar-tabac restaurant à Nordec, le Mandr’Ain, et si cela vous va, on va y prendre notre déjeuner. — Vous semblez connaître les lieux ? — Il y a quelques années, nous avions enquêté sur un pyromane qui s’en prenait aux exploitations agricoles. À l’époque, le troquet était tenu par une dame qui détonnait dans ce milieu campagnard. L’avantage dans les bleds est que les distances sont courtes. Le temps d’échanger ces quelques répliques, ils se trouvaient à la porte du resto. Galamment, Godevin Decamp tint la porte à sa jeune collègue. L’intérieur n’avait pas changé depuis sa dernière visite. Une grande salle sans originalité, habillée des tables toutes aussi communes où étaient installés quelques convives. Sur toute une longueur, s’étalait un grand bar avec son coin tabac. Derrière le comptoir, la même accorte personne, avec quelques années de plus. Toujours habillée aussi sexy, assez étonnant dans ce petit village plutôt conservateur. Par cette chaude matinée, elle portait une robe qui découvrait ses genoux mettant en valeur le galbe de ses jambes. Un décolleté pigeonnant comprimait ses seins accentuant inutilement leur volume. Charlotte Erdbeer, une Alsacienne pur jus, que les aléas ...