1. Le mort a menti


    Datte: 19/09/2023, Catégories: hf, fh, fplusag, extracon, campagne, caférestau, danser, voyage, bateau, portrait, policier, Auteur: domi dupon, Source: Revebebe

    ... une, adossée à sa caisse. « Et après, les médecins vous parlent des dangers du tabac ! ». Nunuche s’affairait dans le jardin qui jouxtait la maison.
    
    — Alors qu’est-ce que tu peux me dire ?
    — Rien !
    — Comment, rien ?
    — À première vue, aucune des blessures que j’ai pu examiner n’est mortelle.
    — Sa bouche pissait le sang.
    — T’as pas vu les dents ? Les technos ont dû les ramasser. On lui a arraché toutes les incisives et sûrement sans anesthésie. Un travail de boucher. Je parierai pour une pince universelle. Y’en avait une à côté du corps.
    — Donc tu ne peux pas me dire de quoi, il est mort.
    
    Jacotey, voyant son équipier et la légiste discuter, se dirigeait vers eux.
    
    — Attention Nunuche en approche.
    — Bien reçu ! Alors entre nous vite fait, t’as bien une petite idée ?
    — Il était vieux. Le battant a peut-être lâché.
    
    La lieutenante les ayant rejoints.
    
    — Non, pas avant de l’avoir ouvert, dit-elle d’une voix plus forte en lui faisant un clin d’œil. Je t’en dirai… (semblant s’apercevoir de la présence de la gendarmette) Sorry… Je vous en dirai plus demain.
    
    Après un « au revoir » désinvolte de la main droite, elle s’installa dans sa mini.
    
    Godevin se retourna vers sa coéquipière :
    
    — Avez-vous trouvé quoi que ce soit d’intéressant dans le jardin ?
    
    Depuis bientôt deux ans qu’ils travaillaient ensemble, il n’était jamais parvenu à la tutoyer. Ils n’appartenaient pas au même monde. Nunuche donnait toujours l’impression de sortir d’un institut de ...
    ... beauté : ongles toujours impeccables, discret maquillage au top. Elle portait immuablement des tailleurs pantalons semblant sortir de chez un grand couturier. Si son but était de se masculiniser, l’effet était raté. Leur coupe soulignait sa féminité inaccessible. Même la commandante Géraldine de Horcesoir se tenait sur son quant-à-soi en face d’elle.
    
    C’était la première affaire bien glauque qu’ils traitaient depuis son affectation à la brigade.
    
    — Pas vraiment. Quelques plantes ont été arrachées comme si les assaillants avaient fouillé le sol.
    — Les ?
    — Oui, j’ai trouvé des traces de pas de plusieurs personnes. Au moins trois.
    
    Cela confirmait ce que lui avait dit la rouquine.
    
    — Vous avez…
    — Oui, j’ai… Nunuche, mais professionnelle ! J’ai fait attention où j’ai posé mes grands pieds.
    
    Elle savait. Un point pour elle.
    
    — Et vous ? À l’intérieur.
    
    Il lui résuma brièvement ce qu’il avait constaté.
    
    — Le mobile semble assez évident, conclut-il. Le vol ! Mais de quoi ?
    — Quelque chose de valeur. Le désordre, le manque de précaution… ce ne sont pas des pros, fit remarquer la jeune femme. Et la mort du vieil homme n’est peut-être qu’un dommage collatéral.
    — Possible. Mais que pouvait-on vouloir lui voler ? Si vous aviez vu son intérieur, ça ne respirait pas vraiment l’aisance.
    — Peut-être était-il un émule d’Harpagon.
    — Le maire nous attend à la mairie. C’est lui qui a découvert le corps et c’est un de ses administrés. Sans doute, pourra-t-il nous ...
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