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Le mort a menti
Datte: 19/09/2023, Catégories: hf, fh, fplusag, extracon, campagne, caférestau, danser, voyage, bateau, portrait, policier, Auteur: domi dupon, Source: Revebebe
... trajet se passa dans le silence, plongés qu’ils étaient dans leurs pensées. À l’approche de Bourg en Bresse, Decamp s’exclama : — La gueule du toubib… Vous… tu gagnes à être connue. Émilie rosit intérieurement du compliment. Malgré la féminisation de la gendarmerie, le corps restait un monde d’homme. Elle l’avait constaté, parfois à ses dépens, à l’école d’officier. Pour se protéger, dès son arrivée à la brigade, elle avait bâti une muraille de professionnalisme ne laissant passer aucune émotion. Elle avait eu tort. Decamp ne s’était jamais montré condescendant, l’avait traité en égale malgré son air fermé. Travailler avec lui état agréable. Elle n’avait jamais osé se l’avouer, mais ce quadra bourru, taiseux lui plaisait. La rencontre avec ce connard de Cassin l’avait déstabilisée, ouvrant une brèche. Elle ne le regrettait pas. — Merci ! Sur ce que ton amie nous a raconté, la thèse de cette ordure de Maire, bien que ça me navre de le reconnaître, n’est pas à rejeter. Après le départ du bon docteur à la retraite, ils avaient questionné Charlotte sur les dernières prestations de l’Antoine dans son café. L’ultime remontait à l’avant-veille, soit le mercredi. Il avait déliré sur une traversée qu’il avait faite à bord du France, dans les années 70 en compagnie de Line Renoud. Il avait comme souvent parlé de sa cassette. À sa souvenance, seuls des habitués y assistaient. Elle ne se rappelait pas non plus, qu’il y ait eu du passage, ces dernières semaines. — Tu as ...
... raison, mais je n’y crois pas. Sa maison est trop dans le village et l’extérieur n’est pas très bien entretenu. Imagine : tu es un routard quelconque, t’arrives dans le bled en pleine nuit. C’est cette maison que tu choisirais ? Je crois pas. — Ou alors, tu es routard, tu aperçois l’Antoine qui rentre chez lui. Tu te dis « oh, un petit vieux inoffensif ». Tu le suis, l’agresses et… — Sauf que tu ne sais pas si le papy est seul ou s’il y a du monde à la maison. Ça ne marche pas. Idem pour l’hypothèse de ton copain. — C’est pas mon copain, pesta Émilie. Si ce sont des junkies, ils ne réfléchissent pas vraiment. — Soit, c’est une possibilité. Je préfère l’hypothèse suivante. Nous sommes d’accord, ce ne sont pas des villageois de souche. Ceux-là savent que l’Antoine raconte des craques. Mais des néo-villageois. L’Antoine joue aux cartes, la voie est libre. Pas de chance, il rentre plus tôt. — Ça colle pas avec les tortures. Leur brutalité ! Y’a de la colère… — Un point pour toi. Arrivés à la brigade, ils regagnèrent leurs locaux où les attendait, la légiste, Paula Simon. Elle les vit approcher, lancée dans une discussion animée et complice. Elle sourit. — Qu’est-ce qu’il vous est arrivé ? Ils se turent et la regardèrent d’un air interloqué. — On dirait que vous avez jeté votre gourme, lieutenante, ricana-t-elle. — J’ai fait une mauvaise rencontre et le lieutenant Decamp s’est montré chevaleresque. — Z’avez fini avec vos conneries, les filles ? Paula, je suppose ...